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Emmanuel Agius

1er adjoint au Maire de Calais

Vice-Président de la Communauté de commune du Calaisis

Conseiller régional des Hauts de France

Référent Droite forte pour la région Hauts de France

 

 

1°) Selon une note du syndicat Alliance, le nombre de migrants devrait franchir le seuil de 10 000 à Calais. Pouvez-vous nous décrire la situation ?

Pour être très précis en tant qu’élu local et parce que je le vis tous les jours et surtout pour rétablir une certaine vérité, la « Jungle » de Calais que nous appelons nous Calaisiens « la Lande » contient aujourd’hui 10 000 personnes environ, dont 1 500 à 2 000 personnes dans le C.A.P (Centre d’Accueil Provisoire). Tous ont décidé que l’Angleterre était leur « Eldorado », sauf que le gouvernement Britannique ne le souhaite pas et 10 000 personnes, c’est une ville dans la ville !

Le centre d’accueil provisoire est un lieu qui a été souhaité par le gouvernement et accepté par la municipalité de façon provisoire. C’est un centre d’accueil de réfugiés de guerre, il est sécurisé, nous savons qui s’y trouve, et il n’y a pas de passeurs ou No Borders. Bref, pas d’activistes ! Ce centre organisé de 2 000 personnes est une jauge maximale pour Calais et à condition, je le répète, qu’il soit bien provisoire !

Seulement il y a le reste, « la zone Nord » entre 7 000 et 8 000 personnes, avec des passeurs, des No Borders et autres activistes de tout poil pour les exciter. C’est un lieu sans règles, sans autorité, bref une zone de non droit hors de contrôles. Dans cette zone Nord, une partie sont des personnes reconductibles dans leur pays d’origine, puisqu’il s’agit de migrants dit économiques.

Les forces de l’ordre sont dépassées par les événements, ils n’ont pas de consignes claires, les migrants interpelés ne sont pas réprimandés à la hauteur des délits commis.photo (3)

C’est un lieu sans règles, sans autorité, bref une zone de non droit hors de contrôles.

2°) Comment les habitants de Calais font-ils face à cette situation ?

Les riverains à proximité de la Lande et de la rocade portuaire n’en peuvent plus, ils se font piller leur jardin, casser leur clôture, ils ne dorment plus, ils se sentent en insécurité, ils sont à bout.

3°) Vous dénoncez l’abandon de l’Etat et du gouvernement socialiste, pouvez-vous nous en dire plus ?

L’Etat socialiste a décidé que les reconductions possibles n’étaient pas la bonne méthode, seule celle de les inciter à demander l’asile, avec l’appui de certaines associations, était plus humaine et surtout plus facile. En décembre 2012 la loi Valls a supprimé le délit de séjour irrégulier sur le territoire ce qui a compliqué les choses.

4°) Il y a aussi l’action de groupuscules gauchistes et de mafias qui accentuent les problèmes ?

Oui ! Les migrants sont poussés par ces activistes à commettre des actes de guerre sur la rocade portuaire, de nuit comme de jour, afin notamment de stopper le trafic fret à destination de la Grande Bretagne via le port. Vous imaginez bien pour quelles raisons.

5°) Quelles sont vos préconisations et vos demandes ?

L’évacuation de la zone Nord pour désengorger Calais, voire supprimer le Centre d’Accueil Provisoire à terme.

Créer un ou des centre(s) d’accueil organisé(s) en France pour identifier ces populations qui ne le sont pas. Estimer ceux qui relèvent du droit d’asile (uniquement sous le statut de réfugiés de guerre) et entamer un travail de reconduction dans les pays d’origines pour les autres.

Contraindre les anglais à procéder de la même manière, avec la création d’un centre chez eux car, au fond, c’est bien le sol britannique « l’appel d’air », pas Calais ! Avec ou sans Brexit les migrants et réfugiés souhaiteront s’y rendre.

Et bien sûr, revoir les accords du Touquet complètement obsolètes à ce jour, encore plus suite au Brexit. Revoir Schengen qui est une vraie passoire. Fermer les frontières en attendant un nouveau dispositif protecteur européen.

6°) On sent une certaine lassitude…

C’est l’histoire d’un bout de France contraint, par l’absence de toute responsabilité et décision politique courageuse, n’existant nulle part ailleurs, avec en première ligne un Maire, Natacha Bouchart, et moi-même, jouant au gouvernement de substitution ; à trouver des solutions précaires auprès des riverains, et cela sous les yeux d’un pays tout entier qui réclame de l’ordre et de l’autorité…