NPNicolas Perruchot est 1er vice-président du Conseil général de Loir-et-Cher et a été député de 2002 à 2012. En 2011, son rapport parlementaire sur le financement des syndicats et du patronat est enterré et interdit de publication et de communication ! Certaines vérités ne sont pas bonnes à dire sur les syndicats… À l’occasion des élections présidentielles de 2017, Nicolas Perruchot a souhaité interpeller les candidats à la présidentielle, mais aussi les candidats à la primaire de la droite et du centre, sur 8 mesures chocs pour limiter le pouvoir de nuisance des syndicats. Il soutient la Droite forte et nous explique sa démarche.

 

  • La proposition de ces 8 mesures, est-ce moyen de faire ressortir le rapport que l’on vous avait demandé d’enterrer ?  Et d’ailleurs, pouvez-vous nous en dire plus sur cette omerta qui avait été imposée ?

On ne pourra malheureusement jamais revenir en arrière sur ce qui s’est passé il y a cinq ans presque jour pour jour (c’était le 30 novembre 2011) à l’Assemblée nationale. Mais il faut continuer à expliquer que ce jour là, des députés de droite comme de gauche, ont décidé d’obéir à l’ordre qui leur était donné d’interdire la publication de mon rapport d’enquête. Cela en dit long sur la puissance du lobby syndical en France ! Mon combat est avant tout une lutte pour plus de transparence dans un secteur où l’omerta est la règle.

  • Pensez-vous que la situation ait évoluée depuis et qu’il soit aujourd’hui possible de refonder le paritarisme ?

A chaque fois qu’il y a un début d’avancée, c’est toujours à l’avantage des partenaires sociaux et au détriment des Français. C’est ce qui s’est passé dans la loi Sapin du 5 mars 2014, ou plus récemment dans la loi El Khomri. Texte après texte, les partenaires obtiennent plus de moyens, plus d’heures de délégation, et cela crée plus de rigidité dans le Code du Travail. C’est ce qui me pousse à demander aux candidats à la Présidentielle d’ouvrir les yeux sur un système à bout de souffle. Pour refonder le paritarisme, il faudra une grosse dose de courage.

  • Que proposez-vous concernant les modes d’actions et les prérogatives des syndicats ?

Je souhaite que nous ayons à terme des partenaires sociaux responsables, représentatifs, et vivant uniquement de leurs cotisations. Depuis la seconde guerre mondiale, notre société a profondément changé, contrairement à l’organisation du dialogue social, très souvent basée sur des règles anciennes. Si les partenaires sociaux doivent s’adapter, il est aussi impératif que l’Etat fasse évoluer sa doctrine paritaire. Car l’achat de la paix sociale nous mène droit dans le mur.

  • N’y a-t-il pas aussi un enjeu majeur concernant le financement des syndicats et la professionnalisation de ces structures ?

La transparence dans le fonctionnement des recettes est un préalable à toute évolution. Ca bouge enfin du côté patronal : la puissante Fédération Française du Bâtiment vient d’annoncer qu’elle souhaitait fonctionner sans subvention de l’Etat. C’est une prise de position très importante, et il faut qu’elle soit relayée par les deux grandes confédérations patronales que sont le Medef et la CGPME, ainsi que par l’UPA.

Les partenaires sociaux sont très bien organisés, et ont en leur sein des experts de très bon niveau. Le problème réside plus dans leur nombre : il y a trop de structures, aussi bien du côté patronal que du côté des syndicats de salariés. Ce qui amoindrit le poids de leur revendication.

Il y a aussi la question de la politisation des syndicats, qui apparaissent pour certaines comme de véritables organisations politiques. En France, on a développé un syndicalisme militant, quand dans les pays d’Europe du Nord, on développait le syndicalisme de service. Résultat : le taux de chômage est aujourd’hui de 10 % en France, quand il est à 6,3 % au Danemark ou à 4,3 % en Islande…

  • La Droite forte soutient vos propositions. Comment s’assurer de leur mise en œuvre ?

Ces 8 nouvelles propositions doivent permettre de faire sauter de nombreux verrous, et d’assouplir le code du travail. Le débat qui s’engage, jusqu’à l’élection présidentielle est un moment clé pour diffuser ces idées et leur permettre de s’imposer en 2017. Pour que celui ou celle qui gagnera l’élection présidentielle l’année prochaine puisse les intégrer dans son programme, je compte sur chacune et chacun d’entre vous pour diffuser, via les réseaux sociaux ou par mail, l’ensemble de ces propositions à nos concitoyens.

Retrouvez les 8 mesures chocs de Nicolas Perruchot soutenues par la Droite forte en vous rendant ici.