GPFIGTRIBUNE – Assumer enfin les valeurs de la droite est le seul moyen de
surmonter la crise qu’elle traverse, plaide le porte-parole des
Républicains – publiée dans le Figaro Juin 2017

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Emmanuel Macron va très probablement disposer d’une large majorité à

l’Assemblée nationale. Souhaitons, pour la France, que celle-ci ne
soit pas écrasante, ni trop absolue, car il n’est jamais bon en
démocratie qu’un seul parti ou qu’un seul camp détienne tous les
pouvoirs. Dès lors, une seule question va se poser à l’opposition, qui
sera celle des Républicains et de la droite et du centre dans son
ensemble : quelle doit être notre attitude face à cette majorité ? Pour
ma part, le choix est clair et simple : je serai dans une logique
d’opposition constructive tout en restant fidèle à notre identité et à
nos valeurs.

Il est du devoir de l’ensemble des parlementaires Républicains qui
seront élus dimanche d’être constructifs, dans la fidélité à leurs
valeurs

Constructive tout d’abord, parce que nous ne pouvons que souhaiter la
réussite de la France. Parce que les périls et les défis auxquels est
confronté notre pays n’ont été que rarement aussi élevés dans notre
Histoire, nous ne pouvons pas ne pas être au rendez-vous. Le
terrorisme islamiste, le chômage, la dette, la refonte de l’école, la
désertification de nos campagnes et l’unité de notre grande nation
sont des enjeux vitaux qui ne sauraient être plus longtemps différés.
Face à cela, il n’y a plus de place pour de vaines querelles
politiciennes et de vieux clivages partisans. Il est du devoir de
l’ensemble des parlementaires Républicains qui seront élus dimanche
d’être constructifs, dans la fidélité à leurs valeurs. Cela devra se
traduire concrètement par une approbation des textes qui nous seront
proposés quand ils seront conformes à nos idées. Ainsi, dans la lutte
contre le terrorisme, si le président de la République propose des
mesures que nous avons initiées et que nous avons toujours défendues,
nous les soutiendrons pour l’intérêt de notre pays.

En revanche, cela ne doit pas nous conduire à signer un chèque en
blanc à Emmanuel Macron. Au contraire, nous saurons nous opposer, de
manière ferme et catégorique, à l’ensemble des mesures que nous avons
combattues, notamment lors de l’élection présidentielle. Compte tenu
de l’état de nos finances, la priorité doit être la baisse
substantielle des dépenses publiques qui doit, enfin, permettre de
diminuer les impôts. Je n’oublie pas que nous sortons de cinq ans de
socialisme qui ont assommé les Français d’un véritable matraquage
fiscal et dont le principal initiateur fut Emmanuel Macron.

Si nous souhaitons libérer l’économie et les entreprises du carcan
socialiste, nous ne voulons pas d’une société dominée par les marchés
et la finance

Plus important encore, nous défendons un modèle de société qui ne
semble pas être celui du nouveau président. Si nous souhaitons libérer
l’économie et les entreprises du carcan socialiste, nous ne voulons
pas d’une société dominée par les marchés et la finance. L’identité
nationale, la famille, l’éducation, l’avenir de nos territoires ruraux
et, plus globalement, le modèle de société que nous voulons promouvoir
n’est pas fondé sur la loi du plus fort ou la loi de l’argent mais sur
nos traditions, notre méritocratie républicaine, le patriotisme, la
transmission et la vocation universelle de la France, c’est-à-dire
tout à la fois la fierté de nos racines et le déploiement de nos ailes
pour retrouver le chemin de la grandeur.

Il est plus que temps de sortir d’une vision comptable et égalitariste
 : l’avenir appartient aux territoires ruraux quand on sait que les
grandes métropoles n’ont pas besoin de l’État pour s’épanouir

Les campagnes françaises et cette France périphérique, dont a si bien
parlé le géographe Christophe Guilluy dans ses ouvrages, ne doivent
plus être les grandes oubliées des politiques publiques. Il s’agit
d’un enjeu national. Or Emmanuel Macron a, une nouvelle fois,
privilégié les zones d’éducation prioritaires (ZEP) en matière
d’éducation, notamment à travers sa proposition de dédoubler certaines
classes. C’est pourtant bien nos territoires ruraux, dont les écoles
sont menacées, qui doivent aussi devenir la grande priorité nationale
du quinquennat. Cet exemple sert à montrer qu’il est plus que temps de
sortir d’une vision comptable et égalitariste : l’avenir appartient aux
territoires ruraux quand on sait que les grandes métropoles n’ont pas
besoin de l’État pour s’épanouir.

Les modes sont
passagères, la constance est une vertu

La droite française devra se réinventer et proposer un nouveau modèle
aux Français, une fois la séquence électorale finie. J’y prendrai ma
part, aux côtés des leaders de notre famille politique. Je resterai
fidèle aux valeurs qui ont toujours guidé mon engagement. La droite ne
doit pas craindre d’assumer ses idées et son identité. Les modes sont
passagères, la constance est une vertu. La droite doit assumer ce que
disait Disraeli : « Réformer ce qu’il faut, conserver ce qui vaut. » Ne
cédons pas à l’air du temps car « être dans le vent, c’est avoir un
destin de feuille morte ». Assumons notre identité et nos valeurs.
C’est bien cela être constructif mais ancré dans le réel. Je souhaite
que l’opposition de demain, celle des Républicains et de la droite
dans son ensemble au-delà des questions de partis, soit une opposition
constructive mais fidèle à son identité et à ses valeurs. Nous le
devons à nous-mêmes. Nous le devons aux Français. Nous le devons à la
France.

– Guillaume Peltier

Maire de Neung-sur-Beuvron (Loir-et- Cher), président du groupe LR
au conseil régional Centre-Val de Loire.

 

Crédit : dessins clairefond